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LesAnciennes.com peut être un bon outil pour acheter ou vendre une voiture de collection, à condition de garder la tête froide. La plateforme facilite la mise en relation et la publication d’annonces, mais plusieurs retours d’utilisateurs et cas documentés rappellent une réalité simple: il n’y a pas de contrôle physique systématique, donc la vérification repose surtout sur vous.
En bref
- Plateforme utile et gratuite pour publier des annonces de véhicules de collection, avec beaucoup de photos et une mise en ligne jugée simple par de nombreux utilisateurs.
- Risque principal: l’absence de contrôle physique systématique, avec des cas publics de kilométrage incohérent et des accusations visant certains vendeurs.
- Point de friction côté vendeurs: une modération active, parfois vécue comme arbitraire (annonces refusées, demandes de preuve de propriété via feuille A4).
- Décision pratique: pour une transaction importante, privilégiez inspection sur place et paiement sécurisé, et documentez tout dès le premier contact.
LesAnciennes.com, c’est quoi exactement et jusqu’où va le service
LesAnciennes.com (anciennement ANCIENNES.NET) est une place de marché spécialisée dans les véhicules anciens et de collection. On y trouve des petites annonces, mais aussi un agenda de manifestations, un annuaire de professionnels et une rubrique pièces. Sur le papier, c’est attractif: dépôt gratuit, annonces orientées « passion », et, point souvent apprécié, la possibilité d’afficher un nombre important de photos, avec une qualité jugée bonne par plusieurs utilisateurs.
Ce périmètre dit aussi ce que le site n’est pas: ce n’est pas un service d’expertise, ni une garantie d’authenticité. La plateforme met en relation, modère des contenus, peut supprimer une annonce signalée, mais ne réalise pas, de manière systématique, une inspection physique des véhicules. Voyons cela: si vous achetez une auto à 6 000 euros ou une rareté à plus de 50 000 euros, la logique de prudence est la même, mais les conséquences d’une erreur, elles, changent clairement d’échelle.
Ce que racontent les avis: les points qui reviennent vraiment
Les retours d’utilisateurs dressent un tableau contrasté, et c’est précisément ce qui vous intéresse avant de vous lancer. Côté positif, on lit régulièrement des avis qui saluent un site agréable, une insertion d’annonce simple, et une mise en avant des photos jugée efficace. Certains évoquent des transactions sans problème, avec même des cas d’échanges rapides sur des pièces (réception en 3 jours, par exemple). Bref, quand tout se passe bien, l’expérience est fluide.
En face, les critiques récurrentes portent moins sur l’outil que sur l’expérience « cadre et support ». Plusieurs personnes décrivent des annonces refusées sans explication jugée claire, ou des demandes de vérification vécues comme excessives. On voit aussi des plaintes sur une assistance difficile à joindre, voire des non-réponses malgré des relances. Pour un vendeur sérieux, c’est frustrant, surtout si l’on a pris le temps de faire des photos et de rédiger proprement.
J’ai déjà vécu ce décalage, pas sur ce site précisément, mais dans l’univers des petites annonces auto: on pense avoir « tout bien fait », puis on se heurte à une modération opaque. Ce n’est pas forcément de la mauvaise foi, mais c’est un rappel utile: gardez des traces, restez factuel, et anticipez les demandes de preuve.

Deux risques à distinguer: la fraude côté annonce, et l’arbitraire côté modération
Quand on évalue la fiabilité d’une plateforme, on mélange souvent deux sujets qui n’ont pas la même nature. D’un côté, le risque « transactionnel »: annonces trompeuses, photos volées, vendeur pressant, incohérences sur le kilométrage ou les documents. De l’autre, le risque « plateforme »: annonce bloquée, demande de preuve atypique, suppression après contestation. Les deux peuvent vous coûter du temps, mais seul le premier peut vous coûter très cher.
| Point à vérifier | Ce qui est rapporté | Impact pour vous | Réflexe simple |
|---|---|---|---|
| Contrôle du véhicule | Pas de contrôle physique systématique | Risque sur l’état réel, l’authenticité, le kilométrage | Demander CT, VIN, preuves photo, puis organiser une inspection |
| Kilométrage | Cas public avec écart majeur (79 296 km affichés vs 226 000 km constatés) | Surcoût potentiel, litige, remise en cause de la valeur | Comparer annonce, CT et historique transmis |
| Professionnels | Allégations graves dans un dossier visant un professionnel (faux documents, détournement) | Risque financier et juridique en cas de paiement | Exiger facture, identité claire, SIREN-SIRET |
| Modération | Demandes de preuve (feuille A4) et refus jugés peu expliqués | Perte de temps, annonce non publiée | Préparer photos et preuves de propriété dès le départ |
Cas documentés: ce qu’ils enseignent sans spéculer
Un cas de vente de Porsche Cayman 2007 est cité avec une incohérence de kilométrage très lourde: 79 296 km affichés sur l’annonce, 226 000 km constatés par l’acheteur après arrivée du véhicule chez un garagiste (13 mars 2025). La plainte évoque des dizaines de mails et appels sans réponse, et une démarche de plainte au niveau européen. Qu’on soit acheteur aguerri ou non, l’enseignement est direct: sans documents recoupés, un simple chiffre sur une annonce ne vaut pas grand-chose.
Autre dossier, plus explosif encore: des accusations visent un professionnel présent via une annonce, avec une Rolls Royce Silver Seraph affichée à 119 000 euros. Les griefs évoqués parlent d’escroquerie, de faux documents (contrôle technique, signature de carte grise, contrat de cession) et de détournement de fonds vers un compte personnel, avec mention d’une poursuite pénale. Ici, je le souligne, on parle d’allégations rapportées. Mais pour vous, lecteur, la leçon reste 100 % opérationnelle: dès que l’on monte en valeur, on monte aussi en niveau de preuve à exiger.
Enfin, côté « vie de la plateforme », plusieurs retours pointent des procédures de vérification inhabituelles, comme la demande d’une feuille A4 manuscrite posée sur le pare-brise avec une référence d’annonce, photo à l’appui. Des utilisateurs racontent avoir fourni plusieurs photos (six sont mentionnées), puis avoir été refusés. D’autres vont plus loin et dénoncent des suppressions d’annonces ou de comptes après contestation. On n’a pas besoin d’en faire un roman: si vous vendez, prévoyez le coup et archivez tout.

Checklist anti-mauvaise surprise côté acheteur
Quand une annonce vous plaît, l’erreur classique est de se projeter trop vite. On se voit déjà au volant, on négocie, et on « oublie » de demander les preuves au bon moment. Simple, non ? La bonne approche est de poser un cadre: documents d’abord, rendez-vous ensuite, argent en dernier.
- Kilométrage: demandez une copie du dernier contrôle technique et comparez avec ce qui est annoncé, surtout après un cas public de type 79 296 km vs 226 000 km.
- Identité du véhicule: exigez le numéro de châssis (VIN) et une photo qui le montre clairement, puis vérifiez la cohérence avec les documents fournis.
- Comportement du vendeur: refus de visite, pression pour un virement immédiat, ou flou sur l’identité et le compte bancaire sont des signaux d’alerte.
- Traces et doublons: recherchez si l’annonce ou les photos existent ailleurs avec des différences, un bon réflexe contre les duplications.
Pour les montants élevés, la règle rapportée est pragmatique: inspection physique ou expertise pré-achat, idéalement via un garagiste indépendant. Et si l’on dépasse 20 000 euros, le plan de jeu mentionne le recours possible à un service d’entiercement (escrow) et à des moyens de paiement plus encadrés qu’un virement « dans le vide ».
Vendeur: comment limiter les refus et éviter les contestations
Côté vendeur, la fiabilité ne se juge pas seulement à « est-ce qu’on va me payer ? », mais aussi à « est-ce que mon annonce va passer ? ». Plusieurs retours évoquent une modération qui peut demander une preuve de propriété via une feuille A4 manuscrite visible sur une photo. Ce n’est pas très glamour, mais si l’objectif est de filtrer une partie des annonces volées, on comprend la logique.
La meilleure stratégie consiste à préparer dès le départ un lot de photos cohérent, avec des éléments vérifiables, et à conserver une copie de tout ce que vous envoyez. Si votre annonce est refusée, vous pourrez relancer avec des pièces plus solides, sans repartir de zéro. Et si vous contestez, vous le ferez calmement, captures et références à l’appui.

- Photos utiles: vues extérieures, intérieur, tableau de bord, compteur, moteur, et surtout une preuve liée à l’identification (VIN) si possible.
- Preuves: contrôle technique et informations cohérentes avec votre descriptif (kilométrage, historique succinct).
- Archivage: captures d’écran de l’annonce, échanges et référence d’annonce (type A82xxxx) en cas de refus ou de suppression.
Et si vous tombez sur une demande de type feuille A4, jouez-la « pro »: texte lisible, référence correcte, photo nette. Vous gagnez du temps, et vous réduisez le risque d’être confondu avec une annonce dupliquée.
Paiement et documents: les règles qui évitent les regrets
Les litiges les plus douloureux ne naissent pas d’une option d’équipement manquante, mais d’un paiement mal sécurisé. Les retours citent des tactiques de pression au virement, et rappellent qu’on peut perdre très gros, très vite, avec des montants évoqués allant jusqu’à 50 000, 100 000 euros et plus en un seul clic. À ce niveau, l’enthousiasme doit rester dans le moteur, pas dans le bouton « confirmer » de votre banque.
Les principes mentionnés sont simples: éviter les transferts immédiats vers un compte inconnu sans contrat, se méfier des transferts de type Western Union, et préférer des schémas traçables. Un chèque de banque vérifié à la remise, une carte via un portail d’entiercement, ou un cadre plus formel pour les gros montants, tout cela réduit mécaniquement le risque. Et si vous traitez avec un professionnel, demandez ce qui permet de l’identifier clairement: facture, et éléments d’entreprise comme SIREN-SIRET.
Que faire si ça sent mauvais: documenter, signaler, escalader
Si vous tombez sur une annonce douteuse, le bon réflexe est de documenter avant d’agir. Conservez l’URL, faites des captures d’écran complètes avec date et heure visibles, gardez les messages échangés, et archivez les éléments techniques (photos, VIN, documents transmis). En cas de paiement déjà effectué, les relevés bancaires deviennent une pièce centrale du dossier.
Ensuite, signalez à la plateforme avec un message structuré: référence de l’annonce, éléments factuels, pièces jointes, demande d’accusé de réception. Si la situation implique un préjudice financier important, les étapes évoquées passent par un dépôt de plainte avec dossier complet, et des démarches auprès des autorités compétentes, avec la même discipline: une chronologie claire et des preuves horodatées.
Au fond, c’est ça la bonne lecture des avis sur LesAnciennes.com: une plateforme peut être pratique, même appréciée, tout en exigeant une méthode. Si vous appliquez ces réflexes, vous gardez le meilleur de l’outil, sans vous exposer inutilement au pire des scénarios.

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