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Un casque moto n’a pas une « date de péremption » légale, mais sa capacité de protection finit par baisser. En pratique, on retient une règle simple: remplacement après « 5 ans », et plutôt « 3 ans » à « 3 à 4 ans » si vous roulez beaucoup, avec un changement immédiat après la moindre chute ou choc, même d’« un mètre ».
En bref
- Âge: visez « 5 ans » en règle générale, « 3 ans » à « 3 à 4 ans » en usage intensif, et évitez d’aller au-delà de « 8 ans » sur la route.
- Choc: après une chute, même faible, on remplace, car l’EPS peut être touché sans marque visible.
- Norme: si possible, privilégiez « ECE 22.06 » (2021) plutôt que « ECE 22.05 » (2002).
- Légalité: un casque non homologué peut coûter « 135 € » et « 3 points ».
Quand le remplacer: les repères qui évitent de tergiverser
La recommandation la plus courante est claire: un casque se remplace après « 5 ans ». Si votre usage est intensif, la fenêtre descend souvent à « 3 ans » ou « 3 à 4 ans ». Et si votre casque a déjà « 8 ans » de route, beaucoup de techniciens conseillent de ne plus jouer les prolongations.
Certains fabricants donnent aussi un cadre simple à retenir. Exemple parlant: un constructeur indique « sept ans » après la date de fabrication et « cinq ans » après la date d’achat. Voyons cela: si votre casque a peu roulé mais qu’il est ancien, l’âge reste un signal à prendre au sérieux, parce que le vieillissement ne dépend pas uniquement des kilomètres.
Normes ECE 22.05 et ECE 22.06: ce que ça change vraiment
Il n’existe pas de durée de vie maximale imposée, mais l’homologation ECE est obligatoire. Pour vérifier, cherchez l’étiquette intérieure, généralement sous les mousses ou sur la coiffe: vous devez voir un « E » suivi d’un chiffre (par exemple « E3 »), puis « 22.05 » ou « 22.06 ».
La norme « ECE 22.05 » date de 2002 et s’appuie sur « 5 points d’impact standards ». La norme « ECE 22.06 » (2021) va plus loin: vitesses variables, impacts sur davantage de zones et d’angles, test d’impact oblique (rotation), essais avec accessoires (visière, intercom) et exigences renforcées pour les modulables (fermeture de mentonnière). En clair, 22.06 colle davantage aux scénarios réels, donc à l’usage.
Pourquoi un casque « vieillit »: les zones qui perdent en efficacité
Le point central, c’est l’EPS (polystyrène expansé). Il peut se tasser, se comprimer de façon irréversible et absorber moins bien l’énergie. Les mousses intérieures, elles, s’affaissent: le casque tient moins bien, bouge davantage et retient l’humidité, avec à la clé une hygiène qui se dégrade.

À l’extérieur, la visière se micro-raye et peut créer un halo gênant, surtout face aux phares la nuit ou au soleil. La coque (plastiques, résines, fibres) peut aussi souffrir des UV et des polluants: vernis qui s’écaille, fissures, tenue mécanique en baisse. Ajoutez les colles, garnitures, visserie et ventilations qui se desserrent ou cassent, et vous obtenez un casque qui semble « encore correct », mais qui protège moins bien et maintient moins bien. Décidément, c’est souvent le maintien qui trahit le vieillissement avant le look.
Inspection à la maison: 7 minutes pour trancher
- Date et homologation: cherchez la date (souvent sous la coiffe, parfois dans la jugulaire ou sur le bord intérieur) et photographiez l’étiquette « E » avec « 22.05 » ou « 22.06 ».
- Coque et écran: repérez fissures, éclats, déformations, écaillage, et vérifiez l’articulation et l’étanchéité de la visière.
- Jugulaire: contrôlez usure, allongement, boucle, et surtout la fixation à la coque.
- Intérieur: mousses qui se tassent, se décollent, coutures qui lâchent, odeur persistante malgré nettoyage.
Ajoutez deux tests simples. D’abord, appuyez à différents endroits: des mousses qui ne reprennent pas leur volume, c’est un maintien qui part. Ensuite, tapotez la coque: un son sourd ou irrégulier peut évoquer un souci interne. Ces tests ont une limite évidente: ils ne prouvent pas qu’un casque est sain. En cas de doute, un diagnostic en centre agréé reste la voie la plus prudente.
Réparer ou remplacer: une logique simple (et les bons coûts)
| Situation | Décision | Repères de coût |
|---|---|---|
| Chute ou choc, même « un mètre » | Remplacer | – |
| Visière rayée gênante | Remplacer la visière | 20 à 120 € |
| Mousses tassées, coque et EPS OK | Remplacer garnitures | 50 à 150 € |
| Jugulaire ou boucle abîmée | Remplacer la pièce si disponible, sinon casque | 10 à 50 € |
| Diagnostic en atelier | Faire vérifier | 20 à 80 € |
Le seuil pratique est plutôt malin: si les réparations dépassent environ 30 à 40% du prix d’un casque neuf comparable, le remplacement devient généralement plus rationnel. Et une règle qui ne déçoit jamais: on ne « répare » pas une coque fissurée, on remplace.
Dernier point, très terrain. Après une petite glissade, j’ai déjà vu un casque paraître intact et pourtant finir à la poubelle le soir même, simplement parce qu’un impact peut marquer l’EPS sans laisser de trace. Gardez aussi le casque après un accident: ne le jetez pas, prenez des photos (extérieur, intérieur, étiquette), notez les circonstances et contactez l’assureur, une expertise peut compter. Et si vous changez: évitez l’occasion, le risque d’un EPS comprimé invisible est réel, et vérifiez bien l’homologation, sinon c’est potentiellement « 135 € » et « 3 points » en plus du doute côté sécurité.

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